L’Abbaye regrette l’annonce des licenciements annoncés par Lhoist

L’abbaye Notre-Dame de Saint-Remy de Rochefort dénonce l’argument utilisé hier par Lhoist pour justifier son licenciement de 14 personnes à Jemelle en chargeant la procédure judiciaire autour de la défense de Tridaine. Depuis le début de la procédure, l’Abbaye demande à Lhoist de mettre en place un plan de reconversion du personnel, vu qu’elle sait depuis le début de son activité sur ce site quelle sera confrontée à une limite d’extraction.

Lhoist a informé que l’entreprise est en difficulté du fait de la conjoncture et de la concurrence internationale, et que c’est ce qui justifie les licenciements. Mais Lhoist considère que la procédure juridique en cours avec l’Abbaye Notre-Dame de Saint-Remy génère une insécurité pouvant justifier en partie les licenciements sur le site de Jemelle.

Or depuis le début de l’activité de Lhoist sur cette carrière, dans les années 1950, l’entreprise sait qu’elle ne peut exploiter au-delà d’une certaine profondeur afin de préserver la source de Tridaine, indispensable aux besoin de l’Abbaye mais surtout de l’alimentation des habitants de la Ville de Rochefort ; et que cette limite résulte de droits constitués au 19ème siècle et bien connus de tous, droits dont tous les habitants de Rochefort profitent autant que l’Abbaye elle-même .

Le jugement du tribunal de première instance de Marche du 1er août dernier reconnaît que la limite d’extraction existe bel et bien sur le plan juridique. Ceci ne pouvait donc pas être une surprise pour Lhoist. Par conséquent Lhoist est bien contrainte aujourd’hui, sur le tard mais par sa faute, d’envisager d’autres projets pour compenser l’impossibilité de poursuivre l’approfondissement de la carrière de la Boverie, ce qu’elle fait enfin en annonçant son souhait de travailler sur le prolongement de la carrière en direction de Humain comme solution alternative.

De plus, Lhoist n’a jamais envisagé de plan de reconversion pour respecter cette limite d’extraction. Au contraire, l’entreprise, depuis dix ans, multiplie les initiatives pour passer outre cette limite.

L’Abbaye est malheureusement contrainte de se défendre en justice, ce qu’elle regrette. L’Abbaye doit le faire pour préserver la source de Tridaine qui est l’unique possibilité d’approvisionnement pour la ville de Rochefort et pour l’Abbaye et sa brasserie. La préservation des ressources d’eau est un impératif écologique majeur compte tenu des défis actuels. Il s’agit d’ailleurs de l’un des axes majeurs de la politique du nouveau gouvernement wallon, tel que cela ressort de sa déclaration de politique régionale.

Enfin, l’Abbaye regrette que Lhoist ne songe ni à l’emploi ni au respect de ses engagements juridiques, pour ne privilégier que la recherche du profit pour ses actionnaires. Jamais Lhoist n’a proposé un quelconque plan de reconversion pour les emplois en prévision de la fin du permis d’exploitation de la carrière. Depuis le début, l’Abbaye a demandé que ce plan soit mis en place pour ne laisser aucun ouvrier de la carrière sans perspective d’avenir. Jamais Lhoist n’y a répondu favorablement. On peut dès lors se demander où sont ses priorités.

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